Publié dans fausse couche, infertilité

Le paradis perdu

Bonjour la toile,

Imaginez votre « paradis sur terre », votre lieu de détente absolue, votre refuge ultime contre les tempêtes de la PMA.

Pour moi, ce lieu avait un nom: Europa Park. Là-bas, j’oubliais tout, et le temps d’une journée, je devenais une vraie gamine, des étoiles plein les yeux.

Alors quoi de plus naturel que d’avoir pensé à Europa Park après la fausse couche. Déjà là, j’aurais dû me douter que quelque chose s’était fissuré à jamais. Les premières attractions m’ont en effet laissé un souvenir impérissable. Je m’explique: normalement, dans les manèges, tu ressens cette douce sensation de « papillons dans le ventre ». Mais ce jour-là, 15 jours après le curetage, je me sentais comme coupée de mon ventre, cette partie de mon corps qui m’a trahie. Je ne ressentais plus rien. Ça aurait dû me mettre la puce à l’oreille… Mais la journée ne s’est pas si mal passée, compte tenu des circonstances, et le tourbillon de la PMA étant ensuite passé par là, nous avons par la suite été noyés dans notre quotidien.

Mais voilà qu’aujourd’hui, bébé ne s’est toujours pas installé… et je me sens comme une vieille chaussette. Alors une idée a germé dans l’esprit de mon si gentil mari. Et si nous retournions à Europa Park?

J’imagine qu’il pensait me faire plaisir. Mais après des heures de route, à peine le parc aperçu au loin, et sans que je me rende compte de ce quil m’arrivait, une grosse crise d’angoisse est arrivée. Le souvenir de ce ventre vide… le souvenir de L’APRÈS… le souvenir de cette partie de moi qui est morte avec notre bébé… c’était trop.

J’ai vu mon homme se briser lui aussi. Lui qui ne pensait qu’à me faire plaisir, à me distraire… Le pauvre. Il était prêt à rebrousser chemin immédiatement. Mais le mal était fait. Et on avait pas fait toute cette route pour rien.

Alors notre journée au parc, on l’a faite. Mais d’un paradis, Europa Park est désormais devenu un souvenir douloureux de plus de ma vie actuelle. Ma vie de PMette brisée.

Un paradis perdu.

Publié dans infertilité

Double face

Bonjour la toile,

Toi, devant ton écran, tu as l’habitude de mon côté PILE, je te le donne dans le m…ille, c’est les déboires de l’infer…tile (haha, oui, si t’as suivi ma précédente chronique, j’aime les rimes ;-)).

Ouai, mais en vrai, il y a quand même aussi un côté FACE. Comme sur les pièces de monnaie, je sais (encore) présenter ma meilleure « poker face » lorsque c’est nécessaire. Alors ce soir, je te présente ma chronique en mode « bicéphale », légèrement schizo’… bref, comme « méchant de Batman ».

Situation 1: l’annonce no 1341 de grossesse

Ouai, j’avoue, elle est facile celle-là. Alors cette semaine, c’était au tour d’un couple de ma famille…. marié l’année passée.

Côté pile: iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiihhhhhhhh, j’en peux plus, tous les couples fraîchement mariés de 2016 se sont donnés le mot, c’est pas possible, après nos amis, c’est au tour de ma famille, non mais ALLO! Heureusement, c’est un côté de la famille dont je ne suis pas proche…. Ouaif.

Côté face: je like la publication (ouai, c’est une annonce 2.0 sur un réseau social bien connu, ce qui me rend la tâche un peu plus facile). Bon, je vais pas jusqu’au commentaire, faut pas pousser le bouchon trop loin non plus…

Situation 2: la crise d’angoisse

Côté pile: re iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiihhhhhh, c’est fou ça m’arrive tout le temps, même en public… et cette fois, c’est lors d’une réunion de boulot!

Côté face: bon faut dire qu’il faisait plus de 30 degrés, que le bureau était pas aéré du tout, que la réunion a duré 2h…. donc voilà, c’est passé pour un malaise/coup de chaud.

Situation 3: les retours de la crise d’angoisse-déguisée-en-coup-de-chaud

Côté pile: re re iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiihhhhh, j’ai beau être dans un sale état, ce genre de malaise n’est pas habituel… serait-ce un signe de grossesse? Car bon, j’ai beau être au bord de la FIV, ça aurait pu marcher ce coup-ci? non? oui? non? (visage de chiot implorant)

Côté face: ben pour une fois, le côté face rejoint le côté pile, un collègue ayant entendu parler de mon malaise me demande si j’ai déjà fait « un test »…. niark niark niark, quel malotru celui-là (personne ne connaît ma situation au boulot). Bon, sur le moment, je le prends bien puisque j’ai (encore) de l’espoir.

Situation 4: l’épilogue de la crise d’angoisse-déguisée-en-coup-de-chaud-prise-pour-un-symptôme-de-grossesse

Côté pile: re re re iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiihhhhh car…. test négatif… et Reds qui débarquent dans la foulée… oh désespoir! Le coup de « ah on s’inscrit pour une FIV alors on va peut-être gertruder un coup comme ça pour rigoler » n’a pas marché…. Donc bonjour, la République Tchèque (plus qu’un petit mois…)

Côté face: la poker face, elle est pour mon mari cette fois. Aujourd’hui je ne dis rien, je ne montre rien (enfin si, je suis quand même plus à cran car j’y croyais vraiment cette fois, mais je fais un effort….) Bon, j’imagine que quand il lira ma chronique, ça sera mort…. Mais soyons honnête, si tu as lu cet article jusqu’au bout, elle est pas déjà grillée depuis longtemps ma poker face?….

Allez, tchô la toile!

Publié dans fausse couche, infertilité

Le blues de la PMA

Chapitre 1:  j’arrête là pilule.
J’veux plus de c’bidule,
Mon corps reprend ses droits,
Allez, on y va!

Chapitre 2: 1, 2, 3, 4 mois,
Je calcule même pas,
Je fais d’jà attention,
J’mange plus de saucisson.

Chapitre 3: voilà une année,
On est bien embêtés,
RDV chez le doc,
Faudra-t-il des médocs?

Chapitre 4: analyses précises,
De mauvaises surprises,
Les jambes écartées,
Au r’voir la fierté!

Chapitre 5: grand bouleversement,
Car apparemment,
J’attends un bébé,
Pour la fin d’l’année!

Commencent enfin les échos sympas,
Avec le papa,
On plane totalement,
Mais plus pour longtemps…

Chapitre 6: notre plus grande peur,
C’est juste l’horreur,
Son coeur s’est arrêté,
Il s’en est allé.

Chapitre 7: retour à l’hôpital,
Est ce que j’aurais mal?
J’veux pas te laisser..
Fausse couche non, vrai bébé.

Chapitre 8: commencent les piqûres,
Pour aider « dame nature »,
On y croit un peu moins,
J’me traîne, j’vais pas bien.

Chapitre 9: insémination,
La consternation,
Plus de bébé couette,
C’est beaucoup moins chouette.

Chapitre 10: j’peux plus les voir ces gros bidons,
C’est quand notre tour, on tourne en rond!
Les chambres vides, on n’en peut plus,
J’perds des copines, j’y arrive plus…

Chapitre 11: rien à l’horizon,
Qu’est-ce qu’on se sent con,
On a tout essayé,
Même l’acupuncture, rien n’y fait.

Chapitre 12: Madame on a plus rien pour vous,
Venez plus  chez nous,
On décide alors de prendre l’avion,
Pour fabriquer des embryons…

A suivre..

Publié dans infertilité

Quel(s) chantier(s) !

Bonjour la toile,

Suite à la fin de notre parcours PMA remboursé, j’avoue qu’un certain flou s’est installé. Comme vous le savez sans doute, la suite logique après le combo gagnant fausse couche/stimulation-râtée-de-sa-mère/IAC-jteshcaouwkhiwhraaaaargh… ben il reste que la FIV. Mais je ne dirai jamais assez que la FIV en Suisse ne va pas de soi… Et j’ajouterai quelque chose dont je n’ai pas beaucoup parlé jusqu’à présent, mais c’est plus compliqué de parler FIV pour quelqu’un de croyant comme moi (ouai moi j’ai « choisi » le pays ET la religion la plus restrictive au monde… pourquoi, toi tu choisis pas de partir avec un handicap -3000 quand tu te lances dans un projet d’habitude ??…).

Bref, le fait est qu’après un bout de chemin relativement bien balisé, on s’est retrouvé devant un gros tas de terre, et un chantier immense à remettre en route… mais cette fois, c’est tout pour notre pomme : pas de plans, on navigue à vue…

Eh bien, je sais pas trop si je navigue ou si je coule à pique plutôt. Ouai on pourrait penser qu’être croyant, ça aide dans ces cas-là, mais malgré ma foi, je doute beaucoup. Et pour ne rien arranger, ma psy m’a enfin diagnostiqué ce que je redoutais : une dépression associée à un syndrome de stress post-traumatique.

Ouai, bref, pas de gros mots. Parlons chantier:

  • J’ai retrouvé une acupunctrice. Ça pique fort ces temps (et euuuuh ça fait mal parfois ! Moi qui croyais que c’était une thérapie détente… oh mes aïeux !)
  • J’ai enfin lu mon bouquin sur la PMA heureuse (et spoiler-alerte, il s’avère qu’en fait elle était pas « heureuse » la nanouze… nan… elle redoutait tout autant que moi les gros bidons… elle pétait tout autant un plomb.. ou plus… mais c’est juste que ça s’est « bien fini » pour elle). Du coup, je suis soulagée. Je suis pas pire qu’une autre. Et alors je rempile pour un autre bouquin. Allez, je fais ma minute biblio : je vais me mettre à « Un GPS pour la cigogne ». Et pour celles qui surkiffent, si jamais, il y a même « Un GPS pour la cigogne 2 » !
  • Et j’ai gardé le meilleur pour la fin : malgré toutes mes réticences, on le met bien en route ce chantier-FIV. C’est prévu pour cet été. Et pas en Suisse (oh surprise!).

Voilà, je reprends mon pic et ma pioche (voir mon bulldozer, tiens, j’me tâte) et je vous retrouve bientôt !

Publié dans infertilité, mam'ange

« Fête » des « mères »

Bonjour la toile,

Aujourd’hui (en Suisse), c’était la fête des mères. Je n’étais pas en fête, je ne suis pas vraiment une mère… Imaginez l’ambiance. En PMA et/ou pour les mam’anges, la fête des mères, c’est un peu l’équivalent de la St-Valentin pour les célibataires: les 24h de poignard dans le coeur.

Tu te lèves, tu fais le 40 millième test de grossesse de ta carrière de PMette (ouai ça tombait aujourd’hui pour ce mois… chouette coïncidence hein?). Tu jettes ce 40 millième test négatif à la poubelle. Tu restes une demi-heure assise par terre à côté de cette poubelle. Ton mari dort toujours dans la pièce d’à côté, tu ne le réveilles même plus pour ce genre de choses. Non tu restes là, sans pleurer.

Puis tu te reprends, tu allumes ta radio, toutes les chaînes diffusent des chansons mielleuses, entrecoupées de dédicaces encore plus mielleuses adressées « à toutes nos mamans ».

Ouai alors comme on vient d’écarter mon cas, on pourrait se dire qu’à la limite, il reste toujours sa propre maman. Sauf que tu as peut-être aussi la chaaance d’avoir une famille compliquée (et divisée) comme la mienne. Bon, pour ce jour « spécial », tu fais quand même un effort… Et là, imagine: ta chère maman choisit un resto qui sert un plat par heure (problème de four parait il…). Et qui plus est, cet établissement charmant est à 1h30 de route de chez toi. . Voilà voilà, c’était parti pour les 8 plus longues heures de ma vie. VDM.

Bref, c’est fini… à l’année prochaine! Et surtout bonne chance aux copinautes françaises qui doivent passer par là dans quelques semaines!… Moi j’ai une solution pour vous: venez en Suisse, c’est fini!

Publié dans fausse couche, infertilité

Déjà 4 ans…

Moi, je suis la pro des dates.. Et surtout des dates glauques  (anniv de fausse couche, de curetage, de terme supposé…), mais aujourd’hui c’est notre anniversaire de MARIAGE alors m****, je me surprends moi-même, mais c’est parti pour une (brève) chronique en mode « presque » heureuse (bah ouai, la douleur, ça fait plus écrire… demandez aux auteurs!).

Alors voilà: le « presque », c’est parce que… bon… On n’a toujours pas de mini-nous pour couronner cet amour… MAIS… Heureuse!… Car cela fait 4 ans que j’ai uni ma vie à celle d’un homme extraordinaire, qui non seulement s’est rappelé de la date, mais m’a surpris au saut du lit (à 6h du mat quand même ;-)) avec un magnifique bouquet de fleurs (tellement énorme qu’on a dû le mettre dans un bidon… véridique!). Alors une fois n’est pas coutume, je partage une « vraie » photo de mes « vraies » fleurs, qui trônent dans ma « vraie » maison, construite avec ma moitié.

Alors même si cette maison est encore un peu trop vide, un peu trop calme à mon goût… Vive l’amour!

Publié dans infertilité

Hola ? Ahoj ?

Bonjour la toile,

Depuis notre coup de massue de la semaine passée, je suis passée par tous les états. Je n’occulterai pas les bons moments, car il y en a eus, cette semaine ayant été pour moi une semaine de vacances, durant laquelle j’ai pu avoir mon mari chéri quasiment tous les jours rien que pour moi. Mais bon, je suis quand même passablement préoccupée… au point d’en perdre mon latin… ou mon français plutôt. Je m’explique…

Vendredi, nous avons eu ce fameux RDV bilan pour discuter de « la suite », entendez par là: l’option FIV. En bonne PMette, j’ai donc acheté mon nouveau livre de chevet (et en passant, admirez l’effet de langage) : « Félicitations, c’est une FIV, le parcours drôle et vrai d’une PMA heureuse ». A vrai dire, je n’ai pas encore eu le courage de le lire. Car déjà là, sur le concept même de la FIV (et encore plus de la FIV heureuse), je bloque. Ben ouai, ça peut paraître neuneu ou fou, mais le fait de créer de la vie hors du corps, et qui plus est pour potentiellement la détruire ensuite (les fameux embryons « surnuméraires »), ben je bloque.

Ensuite, si je perds mon français, c’est surtout parce que je perds mes repères dans mon propre pays, l’un des plus restrictifs au monde : pas de remboursement, développement d’embryons uniquement permis s’ils sont directement transférés (sinon c’est la case pôle Nord direct), et destruction obligatoire après 5 ans. Ah… et environ 10’000 francs (env. 9000 Euros).

A côté de ça, on a l’Espagne (et viva Espagnaaaaaa…), ou la République Tchèque, qui proposent des protocoles bien plus poussés, avec des taux de réussite meilleurs, et des prix plus corrects. Mais il faut pouvoir accepter non seulement que nos embryons soient loin de nous (ouai je suis très vieux jeu), mais aussi de devoir prendre un avion du jour au lendemain, et d’atterrir dans un pays dont on ne connaît pas la langue, ou encore de renoncer à un suivi médecin-patient personnalisé en devenant la business woman de sa propre santé  (allo ouiii? Vous avez bien reçu le dernier fax de mon écho vaginale?) dans des cliniques d’usines à bébés qui monnaient ta souffrance…

D’écrire ça, ça me paraît fou… et je suis bien loin d’avoir pris ma décision. Mais en même temps, si il y a 6 mois vous m’aviez dit que j’allais accepter de faire une FIV, ou s’il y a un peu plus d’1 an vous m’aviez dit, tu vas perdre le seul bébé qui a bien voulu s’installer dans ton ventre… jamais je ne vous aurais cru.

En attendant d’y voir plus clair, je m’autorise une petite pause dans les traitements. Mise à part la mise à jour de mon bilan, je n’aurais plus besoin de remettre les pieds dans un hôpital jusqu’en été… D’ailleurs pour cette chronique, je ne suis même pas particulièrement à la recherche de témoignages ou d’infos. J’ai déjà trouvé les réponses à mes questions au niveau technique et financier… maintenant, je sais pas trop ce que j’attends en fait… peut-être un signe… ¿ Un signo ? znamení ? Allezzzzz quoi !