Publié dans infertilité

Je perds les eaux…

Un mini article en mode VDM!!! Clairement le titre est un jeu de mot! C’est juste notre système d’arrosage qui a décidé d’inonder la maison.

Le jour où je me prends une annonce de grossesse (longtemps redoutée) dans les dents… de JUMEAUX en plus, DNLP pousse le bouchon! 💩

Edit: après l’eau, le feu… En pensée pour Paris 💔 quelle journée…

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Publié dans infertilité

Je scrape, tu scrapes, elle scrape…

Aujourd’hui, j’ai ajouté un nouveau verbe à mon vocabulaire: scraper (scrapper? Ou peut-être scrapbooker?).

Bref, vous avez compris, je continue de mettre à profit ma fibre artistique pour me distraire de mon quotidien d’infertile, et je teste cette fois le scrapbooking. Mon ami Google me précise même qu’on appelle ça le « créacollage » en bon français. Haha.

C’est un loisir qui absorbe, qui peut durer longtemps, tout en minutie. Pas le temps de ruminer 36 choses.

Mais était-ce vraiment un loisir sans danger pour moi? Car un des domaines principaux du scrapbooking, c’est la carterie, et qui dit carte, dit faire-parts, et dit aussi fête des mères (qui arrive chez nous tout bientôt).

Donc bon, ça a quand même passablement tourné autour de ça… Mais je ne me suis pas laissée abattre et j’ai décidé de me faire une carte à moi-même (voir photo 😜) et à mon futur chien (vala on fait avec ce qu’on a 😅). Et bien sûr, j’ai aussi créé un petit quelque chose pour mon mari.

A chaque fois que les conversations déviaient sur les enfants, je serrais les dents (allô chasse aux oeufs. Ah oui y’a Pâques avant la fête des mères. Un des slogans pour les cartes était « t’as de beaux oeufs tu sais »… on me dirait pas ça à moi en tout cas!).

Sauf qu’à un moment, l’animatrice mentionne ses 17 ans de mariage, et l’âge de son fils (7 ans). Bon… Je fais le calcul… Ah ouai, quand même!… Je te laisse parler de ta chasse aux oeufs alors, tu l’as bien méritée 😅.

Moi je chasse plus, mais belles fêtes quand même! 😘

Publié dans adoption, infertilité

« Vous êtes toujours bien dans votre maison? »

Voilà LA phrase qu’on se coltine en ce moment. Les gens commencent gentiment mais sûrement à prendre le pli du « ils y arrivent pas »… Alors du coup, ils savent plus trop quoi dire.

A croire que socialement, si t’as pas de gosses, t’es rien. Encore heureux que je sois propriétaire! Vous imaginez sinon? Qu’est ce qu’ils diraient? Un truc genre « vous êtes toujours bien dans votre mariage? » Et si j’étais célibataire??

Et ya aussi la variante « vous êtes bien installés? » Bref… pour répondre une énième fois de plus: OUI je suis toujours bien dans ma maison (ça fait bientôt 4 ans donc bon… l’installation est plus que faite).

T’as pas autre chose à me demander? NEEEEXT!

Bon… je sens bien que ces questions, c’est une manière de contourner la question bb. Mais pour moi, ça manque la cible, le malaise est quand même clairement là…

Au fond, la seule chose que j’ai envie de répondre c’est: cette maison (et surtout les 2 petites chambres!) sont toujours bien vides…

Autre exemple, même morale. Ouverture d’un compte joint à la banque avec mon mari (il était temps après 6 ans ;-)). Et le banquier (qui est un ami donc au courant) de dire: « avec la formule, vous pouvez aussi ouvrir d’autres comptes… euh… pour chien et chat »!

Hum, ok.. on voit que t’y crois encore moins que nous! (et au passage on n’a pas d’animaux!!… Et si c’était le cas, on ne leur ouvrirait certainement pas un compte en banque! Je veux bien qu’on soit en Suisse et connus pour ça, mais quand même…)

Bref.. pour finir sur une note plus joyeuse, la date de notre shooting photo adoption approche, et voici en primeure les accessoires que j’ai préparés (le tableau est de moi 😉).

Publié dans adoption

Des coeurs dans les yeux… et le bras qui gratte

Agrément in the pocket! 😍😍

Pendant 10 minutes, j’ai nagé en plein bonheur. J’ai même appelé mes deux parents pour leur annoncer, dont mon père que je vois 2 fois par année. Et sinon réaction de ma mère à la WTF: « c’est quoi un agrément? » 🤣

Et puis après… j’ai eu un rdv chez un allergologue pour notre « side project », prendre un chien. Se changer les idées, m’aider à en finir avec cette biiiip de dépression autrement qu’avec un médoc, me faire sortir/faire du sport, me donner de l’affection et beaucoup de câlins… les raisons ne manquent pas.

Mais bon… DNLP porte bien son nom: mon bras s’est mis à gratter… j’ai réagi à un allergène. Bordel de m*, laisse moi vivre!

P.S1: on s’avoue pas vaincus pour le toutou… Je me suis promise de tester avec une vraie boule de poils… avec un peu de chance, c’est un faux positif (le raisonnement contraire des tests de grossesse 🤣🤣🤣).

P.S2: en vrai je suis quand même trop trop contente! En plus, la nouvelle arrive juste 1 jour avant la rencontre avec notre intermédiaire! Ça c’est du timing suisse 😆. Pour une fois que je déborde de love, je pense à vous et spécialement aux poulettes actuellement sur le grill! Courage 🤞

Publié dans adoption

Se projeter

Je suis une femme d’action. Quand je me fixe un objectif, en général, tout va bien. Je mets tout en oeuvre pour y arriver. C’est d’ailleurs la toute première chose que je demande à mes élèves: quel est ton objectif?

Seulement, voilà, je vous apprends rien… l’infertilité est passée par là. D’abord, au plus mal, c’est comme si on m’enlevait cet objectif, qu’on l’arrachait à moi (ce qui a bien été le cas avec le curetage d’ailleurs, ainsi que mes 34 ovocytes partis direct à la poubelle…).

Mais après des années de galère, on a bien redimensionné l’objectif. Maintenant, mon viseur est beaucoup moins sur mon ventre (même si, faut pas se mentir, il l’est encore un peu), mais plutôt sur des terres lointaines.

Alors, pour m’aider à me projeter dans le temps et dans ces nouvelles aspirations (enfin nouvelles… ça fait déjà 7 mois qu’on est dedans… Mais en adoption, ton timing est élastique!), avec mon mari, nous nous sommes réservés une petite séance photo. Genre séance de grossesse… adoptive.

(Exemples trouvés sur pinterest)

Parfois, le bidon version globe terrestre, je trouve ça glauque… Mais la plupart du temps, je me dis que ça me fera du bien. Que je l’ai assez attendue cette belle journée de printemps où je serai la star du jour lorsque j’annonce ma super nouvelle en image.

En plus, on n’a pas eu droit à notre shooting de mariage en extérieur il y a 6 ans à cause de la pluie…

Bref, je sais pas pourquoi je me justifie. Tous les rdv sont pris, je m’offre même le petit luxe de me faire maquiller par une pro avant. Maintenant Dame Nature, écoute bien. T’as pas été à la hauteur jusqu’à maintenant… alors tu donnes tout sur la météo!

Publié dans infertilité

L’outrenoir

Il y a parfois des périodes de vie difficiles à qualifier. Je ne suis plus « au fond du bac », comme on le dit familièrement, mais je ne peux pas non plus dire que j’ai vraiment remonté la pente.

Côté bonnes nouvelles, nous avons terminé notre dossier pour l’agrément et reçu un préavis positif (on n’attend plus que le bout de papier pour le confirmer, mais le principal est fait et c’est déjà un soulagement). Ceci nous permet d’entamer le deuxième volet de la démarche d’adoption: préparer le dossier pour le pays. Nous avons déjà trouvé un organisme intermédiaire agréé pour faciliter les démarches. Enfin, nous avons prévu de voyager cet été dans ce pays que nous ne connaissons pour l’instant que de nom. Ceci devrait permettre de rendre plus concret notre projet et de découvrir la culture de notre potentiel enfant.

Tout cela (vacances + contrat OAA) va nous coûter beaucoup d’argent. De plus, comme il s’agit d’un pays exotique, on nous a déconseillé de continuer les essais bébé (étant encore et toujours en infertilité inexpliquée, et le deuil n’étant clairement pas fait, cela fait mal).

Et puis je passe encore beaucoup de temps enfermée chez moi à ruminer. Je ne parviens pas vraiment à trouver un équilibre dans ma vie de tous les jours, à me créer ce fameux « bonheur maison« . Je n’arrive pas non plus à perdre les kilos accumulés depuis la PMA et la dépression. Un ventre désespérément vide mais arrondi par la graisse… adieu la body positive attitude.

Comme il est difficile de qualifier cet état d’esprit en demi-teinte (mais qui est déjà un progrès tout de même!), je garde à l’esprit une couleur… ou plutôt une non couleur: l’outrenoir de Pierre Soulages. Ce peintre a passé une grande partie de sa vie à peindre des toiles qui sont à première vue « juste noires ». Pas intéressant voire déprimant me direz-vous… Alors que non, c’est bien plus que ça. Son travail est tourné vers la recherche de la lumière réfléchie sur la toile, les mille contrastes renvoyés dans l’œil de celui qui regarde. C’est tellement apaisant de se noyer dans un de ces tableaux qui transpire la même essence que son âme…

Aaaahhh l’art est aussi une bonne thérapie parfois! Même si malheureusement, je peux difficilement espérer un Soulages dans mon salon, puisqu’il s’agit de l’artiste français encore vivant le plus cher… voilà, voilà, je ne dois pas être la seule à voir la vie en « noir brillant » 😉

Publié dans infertilité

La recherche du bonheur, ou l’histoire de l’infertile et du prisonnier

Aujourd’hui, je veux vous partager une réflexion, ou plutôt une prise de conscience… qui m’a mis une sacrée baffe!

Je sors d’une séance où ma psy m’a parlé du « locus de contrôle« , concept de psychologie qui signifie le lieu où la personne place l’influence de sa vie. Les personnes ayant un locus de contrôle « interne » auraient tendance à penser que ce sont elles-mêmes qui créent leur bonheur, alors qu’un locus « externe » renvoie à des circonstances extérieures à la personne.

Vous voyez où je veux en venir? Pour elle, l’infertilité est une circonstance externe non choisie, mais qui ne devrait pas empêcher d’accéder à une vie riche… Peu importe la circonstance dans laquelle nous nous trouvons, il « suffirait » de trouver en soi les ressources pour se créer son propre bonheur « maison ».

Mon bonheur, je l’ai fait moi-même !

J’ai médité la chose en me disant que c’est bien joli en théorie (où j’irais vivre un jour!), mais dans la pratique, ça me semblait très abstrait.

Et puis… je suis tombée par hasard sur l’histoire de ce prisonnier aux Etats-Unis, Kenneth Reams. Ce monsieur a été condamné à mort à l’âge de 18 ans, et vit depuis 25 ans dans le couloir de la mort… pour un motif bancal en plus (condamné pour meurtre, alors que ce n’est pas lui qui a tiré)! Une émission (et même un film: « free men ») se sont intéressés à son histoire.

Malgré les circonstances dramatiques (couloir de la mort = aucun espoir de sortie) et les discriminations qu’il a subies durant son procès, cet homme ne s’est jamais laissé briser par les murs. Il est devenu artiste, poète, a fondé une association, s’est marié… Il va très loin en disant que vivre derrière les barreaux n’empêche pas d’avoir des objectifs. Comment un homme peut-il rester « debout » dans ces circonstances?

Si j’essaie de comparer l’incomparable, ma prison à moi, c’est l’infertilité. Et je m’y suis écroulée si souvent… malgré le fait qu’il reste un espoir d’en sortir! Mais c’est peut-être par de tels exemples, qui m’inspirent, m’instruisent, me font réfléchir sur la capacité de résilience de l’être humain (et me donnent une vraie gifle virtuelle!), que je peux (et espère) me relever…